Marais de Kaw Guyane

Le caïman n’est pas câlin, c’est là son moindre défaut. Au coeur de la moiteur pesante et mystérieuse du dédale des marais de Kaw, c’est à la nuit venue que les caïmans s’invitent à la surprise party frissons.

Il faut savoir être patient pour les caïmans

Au coeur des marais de Kaw, la pluie peut être aussi imprévisible que le soleil. Il nous aura fallu une heure trente depuis Cayenne pour rejoindre le petit embarcadère de bois verdi par le temps. Une petite cabane au bout du chemin d’asphalte, des voitures garées sur le bas-coté. C’est à l’heure convenue que la pirogue motorisée se présente. Il fait déjà chaud et moite en ce début d’après-midi, le soleil nous brûle les épaules. Nous sommes deux familles à prendre place dans le vaisseau de fortune. Par chance, nous sommes à l’avant, aux premières loges. Qu’il est agréable de se laisser aller à la fraîcheur de la brise générée par la vitesse. Mais très vite, ce sont de gros nuages noirs qui se profilent au dessus de nos têtes. En moins de temps qu’il n’en faut pour sortir nos quatre K-way de notre sac, que nous sommes déjà complètement trempés par l’orage. Dans le fond de la pirogue, un fin tapis d’eau de pluie nous rafraîchit la voûte plantaire. Nous faisons un rapide arrêt dans un village construit au milieu des marais. Le temps pour le pilote de vider la pirogue et de remettre un peu d’essence dans le moteur. Le village n’a aucun intérêt particulier: les maisons y sont classiques, les villageois peu disposés à parler à ces touristes réguliers…

Ici, la faune a tant à offrir

Le ciel s’est finalement ouvert, et nous offre un bleu cyan parfait. Suite à la pluie, une sorte de brume mystique s’élève doucement de la verdure des marais. Un contraste envoûtant qui ajoute une véritable singularité à ce lieu. Ici et là nous découvrons oiseaux sauvages, nids, fleurs et papillons. Le guide nous explique leur nom et habitudes alimentaires – mon esprit est ailleurs. Je me laisse progressivement habiter par cet endroit aux airs de bayou de Louisiane. Nous voguons jusqu’à l’embouchure de la rivière, qui donne sur la mer, et ou nous aurons la chance de pouvoir observer les ibis rouges.

ibis rouges et coucher de soleil

C’est entre la tombée de la nuit et la nuit que les ibis rouges commencent leur ballet. Ce qui les intéresse ici, ce sont les crevettes qui tapissent les faibles fonds de l’embouchure. Et c’est en s’en régalant qu’ils deviennent rouges. La magie nous accompagne ce soir-là et un arc-en-ciel s’ajoute aux ibis rouges du ciel guyanais, pour notre plus grand émerveillement. Ils volent en groupe, formant un V parfait dans le ciel accueillant la nuit. C’est un verre de ti’punch à la main que nous profitons du spectacle.

Les caïmans entrent dans la danse

Il aura fallu être patient, vivre un orage qui nous a trempé, le regard dévisageant de villageois, les coups de soleil sur les épaules et les moustiques qui se délectent de votre sang pour que la surprise party frisson puisse battre son plein. A la nuit venue, le pilote retourne doucement vers le cœur du marais, sans moteur. Avec un bâton, il pousse doucement la barque. Il s’agit d’être le plus silencieux possible pour pouvoir approcher au plus près les caïmans. Ils se tapissent aux abords de la rivière, prêts à attaquer si une proie se présentait. Le pilote en a repéré un petit sur la droite de la pirogue. Il s’en approche doucement. Puis il saisit un gilet de sauvetage afin de pouvoir le museler. Il se penche doucement, et puis ça y est, à une vitesse folle il a plongé ses mains dans l’eau et ressort avec le caïman dans ses bras. D’un geste rapide et habitué, il enroule la sangle du gilet autour de son museau. Puis il nous le passe de personne en personne pour faire des photos. Quelle sensation étrange de sentir, avec un doigt sous sa gorge, l’animal si dangereux respirer et déglutir. Un seul faux mouvement et c’est toute la pirogue qui peut être mise en danger. Les écailles humides sont douces et froides. Les pattes sont dynamiques avec les griffes coupantes et menaçantes telles celles d’un dragon. Nous remettons à l’eau ce dragon du marais. Puis ce sera un deuxième, et une couleuvre. Sensation sueurs froides assurées au cœur de ce bayou guyanais…

 

Conseils pour les marais de Kaw, Guyane

Vous êtes tentés de vous faire la malle aux marais de Kaw en Guyane? Excellent choix, reste maintenant à faire le plein de conseils avisés avant le départ.

A mettre dans votre malle

Beaucoup d’eau, des lunettes de soleil, une casquette et de la crème solaire indice 50. Un K-way et de quoi vous sustenter (goûter et dîner). Il a tendance à faire froid et humide à la tombée de la nuit, alors prévoyez un petit sweat. N’oubliez pas non plus l’anti-moustiques.

Précautions

Les caïmans sont des animaux sauvages et un seul faux mouvement peut mettre toute la pirogue en danger. Si vous avez de nature peur de ces animaux, ne tentez pas l’aventure. Si par un mouvement de panique la pirogue venait à se renverser, je ne donne pas cher de votre peau… Prenez les animaux avec précaution et respectez bien les consignes du guide.

Et pour réserver?

Pour réserver votre aventure, rendez-vous sur le circuit de Riché & Kaw. Très professionnels et attentifs à votre sécurité. Ils répondent à toutes les questions sur la faune et la flore. Et le ti’punch de l’apéro qu’ils vous servent est simplement délicieux. Attention, pour voir les ibis, uniquement de janvier à juillet! Pour l’avion, contrôlez les promotions Air France ou Air Caraïbes. Vérifiez votre aéroport de départ et simulez ici le prix de votre vol avec Kiwi:

C’est à vous!

Vous y êtes allé? Vous avez câliné un caïman en Guyane? Vu les ibis rouges? Partagez vos bons plans et trouvailles!

Pour aller plus loin, lisez aussi